Poésies de Jeannine Castel

Remerciements à Jeannine Castel pour ces belles poésies accompagnant les titres de mes photos !

LA CONTEUSE D'AUBE

La Barge rousse,
Une conteuse d'aube,
De lettres éclabousse
Les plumes de sa robe.

Le bout de son bec
Est sa plume d'écrivain,
Une source jamais à sec
D'encre noire sur son bec fin.

L'eau est sa mire
L'aube est sa muse
Les fonds admirent
Sa prose diffuse.

Perchée sur son reflet,
Un nid en flottaison,
Pour écrire et non siffler
Elle patauge, confuse.

De soleils tant volés,
Ce matin la barge rousse,
Après les safaris de brousse,
Suit au fil du courant,
La boue à ses mollets,
Un imaginaire débordant.

L'eau frissonne de plaisir.
Pouvoir lire et relire,
Pour agrémenter ses loisirs,
De nombreux délires.

De contes, de poèmes, de contines,
Cette barge, parente de Bécassine,
À la boue fantasque
Pique ses frasques.

Entourée de brume matinale,
Toute ébouriffée d'idées originales,
Notre conteuse d'aube
À l'ennui se dérobe.

Chaque aube danse
Sur les confidences
De remous secrets conspirateurs
Habillant sa rousseur.

16 Février 2018 - Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
chatnine.fr
Photo : KLIBI Sabri Photographies " Artiste Photographe Compositeur "

AU SOMMET

En habit de deuil,
Un valeureux pic noir
Va de seuil en seuil,
Cherche dans les trous noirs,
Sur cet immense cercueil,
L'histoire de ses ancêtres.

Cramé par les incendies, l'hêtre
Git sur un lit de feuilles mortes.
Il a gardé ce privilège du bien-être,
Même mort, d'abriter des cloportes.
Ce sédentaire aux moeurs diurnes
Tambourine en grimpant, averti.
De ses ongles pointus il ouvre les urnes
D'une généalogique famille décatie.

Par petits sauts, il s'agrippe à l'écorce
Qu'il perfore de son long bec acéré.
Sa langue effilée, visqueuse, avec force
Se projète loin devant son espace arboré.
Sous la calotte rouge d'un soldat du feu,
Dans cette ascension de souches gisantes
Calcinées par les brûlures de ses aïeux,
Vers le sommet de ses griffes puissantes
Il grimpe, s'appuie sur les plumes de sa queue.

Sur ces cendres, seul son bec de couleur vive
Tient la chandelle à ce mortuaire sommet
Percé de toute part, d'un tronc à la dérive
Qu'il martèle à la vitesse d'un dessin animé.
Sans relâche, d'un arbre à l'autre, il passe
De son vol régulier et ondulant, puissant,
Commémorant le souvenir des Black Woodpecker
Dans ce triller pour Jokers.

12 Mars 2018 - Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
chatnine.fr
Photographie : KLIBI Sabri Photographies " Artiste Photographe Compositeur "

 
 

THE SURFCASTERS

The surfcasters,
Bécasseaux intrépides,
Disciples de Water,
De mouvements rapides
Sondent la profondeur.
Un ciel admirateur
Contemple ces noceurs
Se régaler de saveurs.

Ce quatuor de plumes
Soignent le léger rhume
D'éternuements singuliers
Échoués à leurs pieds,
Par des vagues écumeuses
De la Costa de Lavos neigeuse.
Ces surfcasters inséparables
Ont un appétit redoutable.

Alignés en rang d'oignon,
Ces surfcasters sont des champions !
Ils se servent de leur croupion
Pour surfer sans affabulation,
Tandis que leur bec de munitions
Recharge leur batterie en perdition.
Des surfcasters en pleine action
Sur des flots en hibernation.


22 Février 2018 - Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
chatnine.fr
Photo : KLIBI Sabri Photographies " Artiste Photographe Compositeur "

SPEED WAY

Dix heures sonnent.
Speed way,
Ouais, ouais,
Est en retard
Pour personne ...

Il arpente,
De légers sauts,
La grève accueillante
Aux sages flots.

Sanderling, attaché
À un bécasseau pressé,
S'offre un panaché,
Empressé, stressé.

Pris par la vitesse,
Le bec en liesse,
Le jour paresse.
Rien ne presse ...

Dix heures ont sonné.
Sanderling s'assoupit.
Un bécasseau abandonné
S'offre un répit.

Speed way
Ouais, ouais,
Flâne away
On his way.


21 Février 2018 - Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
chatnine.fr
Photo : KLIBI Sabri Photographies " Artiste Photographe Compositeur "

 
 

LE MARAIS DES SONGES

Sur le marais des songes,
Ses fines pattes en croix,
L'avocette élégante plonge
Son bec dans le courant froid.

Elle cherche sa nourriture,
Son postérieur en bombe,
Présente sa blanche encolure
Muette comme une tombe.

Le marais, immense, éponge,
Assoiffé d'eau permanent,
Boit tous les songes
De l'avocette vêtue de blanc.

Le marais de ces rêveries,
Troublé, ses eaux chavirées,
Est sensible aux flatteries
De ce long bec en virée.

Ce bec n'arrête pas ses plongées,
Dans ce lit fait de songes,
Bulbe d'une fleur rongé,
Dévasté par les mensonges.

De pensées ferventes
Le marais alimente
Sa soif permanente
Des songes de l'avocette élégante.


18 Février 2018 - Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
chatnine.fr
photo : KLIBI Sabri Photographies " Artiste Photographe Compositeur "

SEUL AU MONDE

Seul au monde
Patinoire féconde
Pour un bécasseau
Sans berceau.

De givre et de glace
Frileuse bécasse
Qui rêvait de compagnie
Sur ces rives bannies.
Une perle se recroqueville
Au chaud sous sa coquille.

Prisonnier d'une banquise
Emmurée de bises,
D'heures exquises.
Cette belle friandise
Échappe à son regard,
Seul avec son cafard,
Alors que tout autour
Tout lui parle d'amour.

Il découvre, seul au monde, 
Le paradis blanc de sa résurrection
Alors que sommeille sous les ondes
Le nouveau monde de la Création.


18 Février 2018 - Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
chatnine.fr
photo : KLIBI Sabri Photographies " Artiste Photographe Compositeur "

 

 

OSCILLOSCOPIE

 

Mes mots qui sont aussi les vôtres
Pour les miens sont tout autres.
Portés par vos esprits, ils transforment
Leurs portées et redonnent formes.
Ils parcourent, l'espace d'une vision,
Qui chancelle aussitôt, volcan en fusion,
Abîmes des profondeurs, ils sont révélateurs
Des âmes en recherche de hauteur.
Hauteur, profondeur, le noyau selon le fruit,
De sa grosseur, de son aspect, de son prix,
D'une chair, d'un jus, sains ou pourris,
Sitôt que la main les a ceuillis,
Ces mots qui sont les vôtres me reviennent ...
Âmes égarées, esprits diluviens, âmes hyènes,
Désincarnées, forces obscures, médiumnité forcenée,
Le silence de leurs souffles vit et renaît.
Ces mots qui animent le langage, ce bavard,
Ce buvard assoiffé d'encres et de canards,
A parfois le geste sauveur et salutaire
Pour soutenir tous les maux des mots grabataires.
Oscilloscopie alsacienne d'un poisson d'étang
Qu'une épée transperce d'eau éclaboussant,
Fontaine de champagne dont les éclats endiablés
D'un Saint Suaire à Durandal ont par photo câblés.
Ces photos sont les vôtres, de mots elles animent,
Habillent ces clichés de messages pour mimes.
L'Univers et sa nature de leurs silences
Envoient, signalent leurs sensibles fréquences.
SABRI, ce message de radios oscillatoires
A transpercé le choeur d'une trajectoire.
Mon âme, de sa fenêtre ouverte a reconnu
Ce coeur transpercé, ce signe de Jésus.
Pour moi, ce fidèle compagnon de route
Soutient mes doutes ...
SABRI, de bon matin, une telle oscilloscopie,
Le temps d'une étincelle, mon âme a ravi.
Sans doute en rirez-vous, c'est votre droit.
Un peu de respect pour ceux qui croient.
Pour une fois ... chacun sa foi.

 

 

Rivières et toussotements

 

« Mais non Sabri ! ce ne sont pas des toussotements !
Je jongle avec ces superbes brillants !
Oui, je fais des bulles, c'est amusant !
En juvénile cingle plongeur, tambour plongeant,
en bullant je gazouille et passe le temps !
Je m'amuse avant que s'ajoutent les ans !
Sabri, peux-tu en faire autant sans savon ? »
Aussitôt la rivière clapote avec cette chanson :
« Sans savon Sabri salive
Point de bulle il enjolive
D'un chewing gum il fait claquer
sa bulle sans tourniquet. »
« Sabri, c'est de la triche ! regarde-moi !
Avec mon amie l'eau je bulle avec joie !
Huit rondes sur une musique de nuit,
tu avoueras, Sabri, que l'ennui
n'a pas ici de courants en dépression !
Allez Sabri ! tu vois, bravo, déjà des postillons !
C'est un début, te décourage pas ...
Viens t'amuser et oublie tes tracas ! »
Dans le Mesnay ça cartonne que Sabri
jura avec aisance, joyeux comme un cabri,
sur les rives de la Cuisance, qu'il allait
avec ce cinclidé coincer la bulle avec gaieté.

8 Mai 2017 - Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
chatnine.fr
photo : KLIBI Sabri Photographies Rivière la Cuisance, Mesnay, Jura, France Le 01/05/2017

 

 

Marche en eaux douces

 

Le Chevalier Sylvain,
en cette marche en eaux douces,
Médite sur cette eau qui dort, incertain,
que si belles eaux n'éclaboussent.
Méfiant, il avance, après avoir lu
ce poème d'une huluberlue ...

« Un monde aveuglé par le malin,
par tant de prophètes diablotins
qui le mènent à sa perte avec entrain,
trouble la conscience du pèlerin.

Du bon Samaritain au bon Contemporain,
le monde va vers son prophétique déclin
annoncé depuis sa création interrogative ...
La base et son sommet sont à la dérive.

En ces jours de grande décision mouvementée,
d'une tête aux esprits illuminés, enchantés,
les crues ont inondé leurs oraisons ...
ainsi l'avenir se met en garnison.

La courte-paille révise sa chanson
sur une embarcation gouvernée par des félons
qui se noient dans leurs flux de paroles,
ce nectar aux puissantes nécropoles.

La raison du plus fort... Monsieur de La Fontaine,
entre le loup et l'agneau, c'est même rengaine.
Moi qui rêvait d'une vieillesse sereine
la horde à ma porte a alerté ma sirène.

Rien n'arrive par hasard quand la nécessité
essaie de trouver, dans un épais brouillard,
le chemin véritable qui mène à la gloire
sans issues de secours, sans trous de passoire.

Hélas le presse-purée n'est pas d'accord,
en cette batterie d'une cuisine en or
qui miroite avec l'aide de Sponsor.
Ah ! Monsieur de La Fontaine, votre poule aux oeufs d'or ! »

Le Chevalier Sylvain sur les eaux douces
marche, en priant Dieu, camoufle sa frousse,
profite, bienheureux, de cette marche sans tourbillon,
présent offert par de pauvres petits moussaillons.

4 Mai 2017 - Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
chatnine.fr
photo : KLIBI Sabri Photographies Pont des Tourradons, Camargue Gardoise, France Le 13/04/2017

 

Tranquillum !

 

Tranquillum ! ... Rien ne va plus ...
À droite, au centre, à gauche, on ne sait plus
Dans quel sens naviguer !
Pas le moindre petit gué
Pour poser ses pattes ...
Avant que ça vire à l'écarlate.
En plus avec la grippe aviaire ...
Ça n'arrange pas le bréviaire ...
Hein ? ... Désherber avec des produits chimiques
Les rives de tous ces hommes politiques ?
Les limaces n'auraient plus de tuiles !
Ça ne baigne plus dans l'huile ...
D'un même uniforme la tenue
Est de rigueur pour nos menus ...
On flotte, on grelotte, quels patriotes !
Quelle partie d'échecs ! ... Quelles calottes ! ...
La course à l'échalote vers un vote
Qui nous promet, ma chère lolotte,
De quoi nourrir nos parlottes !
Aussi tous ces noms en on ...
La voyance est au balcon !
Tranquillum ... j'en deviens bleu
Dans ce climat frileux.
Moi un grincheux ? ...
Allez ma lolotte temps pis pour eux !
Tant qu'on est amoureux ...
Ah non ! Ne ferme pas les yeux !

1 Février 2017 - Jeannine Castel
crédit photo : KLIBI Sabri Photographies

 

L'essentiel

 

L'essentiel, quand on y pense
À part se remplir la panse,
C'est quoi, dites-moi ?
Cet essentiel besoin,
Ce collant témoin,
Coupé du sainfoin,
Qu'en reste t-il à la fin ?
Les sens ? ... Ciel !
Ce besoin artificiel
Aux douceurs de miel
Vieilli par le fiel ?
L'essence ? ... Ciel !
Cet éther providentiel
Par la mort pestilentiel
D'un oublieux existentiel ?
Immatériel essentiel
D'un logiciel industriel,
Résidentiel, superficiel,
D'un essentiel consubstantiel.
Existe-t-il de l'essentiel
Dans ces remous substantiels ?

Dame aigrette gazette s'interroge
Sur l'essentiel de l'horloge ...

31 Janvier 2017 - Jeannine Castel
crédit photos: KLIBI Sabri Photographies

 

Peractorum

 

Jusqu'au bout du chemin
Je serai là pour toi ...
Petit oiseau redis-le moi,
Toi, si fragile, si incertain.

Même en latin, vois-tu,
Comment suivre tes allées-venues ?
Juste le temps d'un aperçu ...
Déjà tu as disparu !

Il me reste cette photo de toi,
Mon petit bruant à moi.
Je serai là pour toi !
Mais où es-tu, dis moi ?

Si je pouvais dans ma main
Te protéger de mes câlins,
Peut-être au bout du chemin
M'attendrais-tu en fin ?

Fragilité des êtres
Naître et disparaître
Peractorum nous deux
Pour un ciel radieux.

Jusqu'au bout du chemin
Une illusion est tombée ce matin
D'un petit oiseau, messager discret,
Ensemble face aux regards indiscrets.

20 Janvier 2017 - Jeannine Castel
crédit photo : KLIBI Sabri Photographies

 

 

Plumes et paillettes

 

Des mots plein les mirettes
Le marais est en fête !
La rémiz penduline, petite coquette,
Sort de sa cachette.

Paillettes et plumes
L'encre des porte-plumes
Chasse la brume,
Efface l'amertume
Des frissonnantes plumes.

Plumes et paillettes
Laissons aux oubliettes
Ces vils trouble-fête,
Ces coureurs de jaquette
Aux plumes en goguette.

Paillettes de plumes
Revêtues d'or, allument
La splendeur du costume
Qu'une rémiz penduline hume
Pour le bonheur de ma plume.

Plumes et paillettes
Monde du poète.

17 Janvier 2017 - Jeannine Castel
crédit photo : KLIBI Sabri Photographies

 

La petite chose

 

La petite chose
Légère se pose ...
Sur une branche se repose,
Siffle la vie en rose.

La petite chose
Au roitelet propose
Un nid de satin rose.
Romance à l'eau de rose.

La petite chose
Au roitelet morose
Provoque une psychose.
Il n'est pas en osmose.

La petite chose
Pour le carnet rose
Fait une pause.
C'est la sinistrose ...

La petite chose
Trouve un autre virtuose
En quête de métamorphose.
C'est l'apothéose !

La petite chose
Sur son nid de satin rose
Couve de petites choses ...
Que la vie est belle chose !

9 Décembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

Brin d'amour

 

Brin d'amour
M'apprendras-tu
Ce qu'est l'amour ?
Proche d'un déclin
Enfin me diras-tu
Je t'aime mon amour,
D'un amour sans fin ?

Mésange bleue
Cet amoureux
Ce brin d'amour
A tes jolis yeux
Un masque de velours
Un duveteux glamour
Quel heureux jour !

Brin d'amour
Joli troubadour
Me parler d'amour
Sur mes vieux jours,
Ces grands vautours.
À mon tour
J'espère ton amour.

Voici le jour !
Mon brin d'amour
Mon poussin bleu
Je vis dans tes yeux
Ce beau rêve bleu.
Le temps est si court
Filons ce parfait amour.

8 Décembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

La tentation

 

La tentation m'envoya au cachot
Pour quelque boulimie de mots
Qui me poussent et m'excitent
A ce délit que des complices incitent.
Comme un désir, une envie folle
La tentation tient le monopole.
D'un geste, d'un vol à la tire
Qui me dépasse et me vampire
Elle provoque cet enfermement
D'un enterrement qu'elle sait dément.
Elle vient comme un panier garni
Tenter mes moyens démunis.
Comme un strip-tease interdit
Elle déshabille mes non-dits.
Elle embellit mes illusions
Fière d'avoir une audition.
Elle est la berlue de l'illumination,
La gourmandise de la passion.
Elle est la barricade de la confrontation,
Le passage à l'acte des frustrations.
Porte parole de mes mots en taule
Tentée par tous ces appâts la Cisticole,
Plumes au vent, oublie sa mission !
Séduction, publication, hésitante évasion,
Mes mots restent en détention de la Tentation.

4 Décembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

Pensées secrètes

 

Sur un coup de sonnette
Les pensées secrètes
Se font très discrètes
Un trouble fête ...

Les pensées secrètes
Comme les allumettes
S'enflamment dans la tête
Au sens d'une girouette.

Elles voyagent solitaires,
Leur condition, se taire ...
À part quelque confession intime
D'une cime qui se perd dans l'abîme.

Journal inédit cadenassé,
Méditation de pensées encrassées,
Ecrites elles se sentent menacées.
Les pensées secrètes vivent entassées.

Aux étrangers elles restent muettes,
Attendent pour sortir de leur cachette
Qu'une issue de secours vienne vidanger
Ces ruminantes, encombrantes engagées.

Ces hôtesses attendent la nuit
Pour sortir de leur secret logis
Ces pensées secrètes mourant d'envie
D'émerger de cet insondable puits.

Les pensées secrètes comme cet oiseau
Se cachent derrière les silencieux mots
D'un regard indiscret à travers un hublot ...
Pensées secrètes a son plumeau ...

3 Décembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

Introspection

 

Introspection sur un bouvreuil pivoine
Objet perdu ... peut-être Saint Antoine
De soi à soi rendra à ce Je
La conscience subjective d'un enjeu.

Comment, Sabri, un bouvreuil pivoine
Va t-il analyser la connaissance d'un sujet
Qui observe caché derrière un voile
Cet esprit qu'un symbole a figé ?

Qui de l'observateur à l'observé
Va introspecter l'approche de l'objet
Dans un stérile champ de navets ?
Saint Augustin vers Dieu s'est engagé ...

Métaphore du regard intérieur,
Timides apparences en couleurs,
Le bouvreuil pivoine vers le Seigneur
De la calotte a les honneurs.

Trappu pour une trappe d'intérieur,
Conscience d'un regard dans le miroir,
L'introspection de cet oiseau a faveurs.
Sabri, rendez-vous au parloir ...

Examen de conscience d'une introspection,
Le bouvreuil pivoine t'offre ses félicitations.
Chaque fois que tu le contempleras
A travers lui, Sabri, tu t'apercevras ...

24 Novembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

La traversée silencieuse

 

Venues du Canada pour une retraite,
Six bernaches pèlerines méditent
Sur les eaux limpides sans trouble-fêtes.
Elles sont en quête de paix divine.

C'est une journée de navigation silencieuse,
La traversée au désert d'une intériorité,
Juste troublées par les pattes frileuses
Qui laissent glisser leur nudité.

Après quelques dizaines de chapelet
D'étangs visités jusqu'en ce Cher,
Ces retraitantes aux vies d'écervelées
Se déplument ici de leurs travers.

Venues pour noyer en silence leurs démons,
Le corps purifié de chaque étrangère
Laissera son fagot en flottaison.
Elles repartiront, flottille légère.

Venues du Canada pour une retraite
Sur l'étang des Aix d'Anguillon
Six bernaches, périscope en tête,
Sont reparties l'âme en guérison.

22 Novembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies pour Facebook

Prince de Garrigue

 

Je suis le Prince de Garrigue
L'amoureux infidèle, idolâtre des épineux.
Je suis après Pagnol l'enfant prodigue,
Le Pitchou des contreforts rocheux.

Je m'expose et surveille à découvert mes collines.
D'un cri nasillard j'alerte les alentours.
Aux intrus je fais grise mine,
Ne suis-je pas un souverain troubadour ? ...

Ma queue me sert de cadran solaire.
Je me moque de ce titre de Principicule
Que m'octroient quelques oisifères.
Je suis un Prince minuscule avec Majuscule.

Je suis le Prince de Garrigue
Zigue, zigue, zigue,
Mézigue, mézigue, mézigue,
Je suis le Prince de Garrigue.

20 Novembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

La requête

Entre forêts et garrigues, le Garlaban
Témoigne de son mécontentement ...
Pourquoi ce titre de L'homme des Marais ?
Moi qui accueille en mes forêts, mes garrigues,
Ce photographe en enfant prodigue
Telle la Vigie, à l'affut du moindre becfigue ?
Les ortolans d'une pétition se liguent.
J'aimerai aussi honorer d'un Titre
Cet homme qui arpente, témoigne en arbitre,
Offre en partage toute la splendeur
De mes collines qu'il cliche avec ardeur.
N'est-ce pas ici qu'il a testé en premier
Avec le rouge gorge son nouveau boitier ?
Que les lueurs d'anges l'ont conduit
Loin de ces terres noyées à mourir d'ennuis ?
N'a t-il pas trouvé sous la voute de mon ciel
Ces hôtes hospitaliers d'un midi jugé artificiel ?
Je quémande pour ce grand charmeur familier
De la Font de Mai à la poussière de ses souliers,
Un Titre me revenant comme il se doit,
Un surnom pour l'homme de nos bois.
A ma demande, Chatnine se fait le porte parole.
Pourquoi le Marais aurait-il le beau rôle ?
N'oubliez pas que de ce haut lieu ont été écrits
Les Cahiers de Garlaban, point de départ de notre poésie.

15 Novembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographie sur Facebook

La grande récompense

Vous avez lu la Gazette ? ....
Sabri a eu une promotion ! .... Mazette ! ...
Il a reçu le titre honorifique de L'homme des Marais
Ouah ! Quelle renommée n'est-il pas vrai ? 
Quelle grande récompense ... hein Grande Aigrette ? ...
Oui, un titre bien mérité et cela se fête !
Si nous organisions une grande revue ? ...
Ouais ! Chic, chic, chic, va y avoir du nu ! ...
Nous avons déjà les plumes ! ... cet hibou ! ...
Demandons à Eudocimus Ruber d'organiser cette parade.
Mais sur quel Marais installer la longue estrade ?
Les Salins d'Hyères nous assure le beau temps ...
De ma lune de miel, je suis revenue à temps ...
C'est ennuyeux dit la Grande Indécise ... je devais aller ...
Vous irez patiner plus tard ... les étangs sont pas gelés ...
Nous avons le Chef d'orchestre, la danseuse étoile, un paravent ...
Mon Dieu, Mon Dieu ! Quels envols excitants, c'est pour quand ?
Encore monter tous ces gradins s'exclame Robin tout mouillé !
L'homme des Marais ... Ah ! une vedette sur nos Terres noyées.
J'ai lu aussi qu'il tient avec Sylvie une boutique ...
Super pour les cadeaux ! fredonnent les moustiques.
Allez, un peu de sérieux, revenons à nos saute-poissons !
Y aura t-il assez de profondeur pour leurs plongeons ? 
Diffusons à tous les Marais ce spectacle hallucinant
Pour honorer cet Homme des marais, notre amant ...
Commente le Gardien des temps ... même sec je serai présent !
Fidèles amis de Sabri réservez vos places pendant les stages !
Venez fêter cet Homme des Marais sans cage !
Chatnine recevra au cours de cette fête
Le trophée de la Grande Aigrette. 
Allez la troupe ! Perdons pas de temps ... on répète ...

12 Novembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos: KLIBI Sabri photographies sur Facebook

De Nazareth ...

De Nazareth à la croix de Jésus
L'Esprit sur ces eaux plane dessus
De Nazareth à ces chapelets d'étangs
La croix de Jésus sur la Brenne flottant.

Un frêle roseau
Jailli des eaux
Ces froides eaux
Qui ont brisé ses os.

Bois d'une croix
Une croix vide de Toi
D'une aveugle foi
L'Esprit est sur toi.

Sublime baptême
La Guisette t'aime
Comme moi même
Dans un carême.

De Nazareth à ce marais
L'Esprit de Jésus apparait
Etang de la Sous, Réserve de Chérine
Bénie sois tu Ö Croix divine.

13 Novembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

La sentinelle

L'oeil vif et attentif
Sur ce piton chétif
Robin la sentinelle
Sèche ses ailes.

Il vient de vols successifs
D'engloutir des insectes oisifs
Paressant sur les roses salicornes.
Robin ne connaît pas les bornes.

Son bec noir comme une lame
Poignarde ses proies d'un mélodrame.
Il surveille, en bonne sentinelle,
Les futures victimes de ses prunelles.

Coiffé d'une banane mouchetée,
Jolis minois tout apprêté,
De l'orange à l'émeraude
Il aime aller à la maraude.

Sur les vieux Salins d'Hyères,
De garde sur cette suite princière,
Il a fait le guet sur ce piquet
Digérant sans le moindre hoquet.

Il reste de cet instant,
Si rapide comme l'enchantement,
Cette sentinelle d'un martin pêcheur
Cadeau de la Nature à la laideur.

L'oeil vif et attentif
Sur un piton chétif
Robin la sentinelle
Attend de vos nouvelles ...

30 Octobre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri Photographies sur Facebook

 

Le galop

Tu t'es enfui Cher Boléro sur un galop,
Indifférent aux sanglots de l'eau.
Parti dans un grand déploiement d'ailes
Emportant ma blanche culotte en dentelle.
Juste un regard détourné pour t'assurer
Que j'étais encore à rêvasser, dopée
Par la cadence d'une nuit à galoper.
Un dernier regard de peur que je m'accroche ...
Pauvre idiote ! Je n'étais qu'un vide-poche
Qui croyait que ce galop dans les Salins
Ne serait pas le port d'un déserteur marin.
Moi qui rêvais déjà sur tes ailes,
Avec ou sans culotte en dentelle,
Monter tout là-haut, là-haut,
Voir Sir Le Monde ... J'espérais trop !
Depuis dans le marais je déambule
Attendant le message d'une libellule
M'apprenant ton retour, la fin de mes pilules.
Je m'étends sur le tapis de salicorne, ferme mes paupières,
Alors que toi, séducteur, dans ta garçonnière,
Tu comptes les culottes de tes avant premières
De ta vie en ricochet sans jarretières.
Tu t'es enfui, superbe, pour la photo
Seul témoignage de ton galop.
Sabri passait par là sans savoir
Que ce galop restera mon désespoir.

29 Octobre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

La grimpette

Ssi ssi ssi ssi ssi
À l'assaut de vieux chênes rabougris
Qu'il est dur de peiner en côte
Pour un sédentaire sans mascotte !
Je fréquente plusieurs lieux d'habitat,
Aux bas des arbres je prends mes repas.
Alors quand il s'agit de faire grimpette
Je deviens un roitelet athlète 
D'une pause courte et passagère !
Je préfère les buissons de bruyères,
Les maquis élevés, les landes arborées ...
Que mon cousin huppé va m'adorer !
Zi zi zi zizizit ... c'est pas ce que vous pensez,
L'oiseau de Pierre est moins nuancé !
Je n'aime pas les feuillages épais.
Je picore, voltige, trouble la paix
Des pucerons, insectes arthropodes, araignées
Dont la toile mortelle me fait prisonnier.
Je suis un migrateur, quelquefois grimpeur ...
Puisque cette photo met en valeur,
Sur les branches d'un chêne du Garlaban
Mon triple bandeau de Roitelet grimpant.
Toujours plus haut ! Des cimes et de leur défit !
À la grimpette ! Le temps d'une photographie
Je vous ai offert un petit joyau ( je suis si beau ) !
Bientôt l'hiver ... regroupons nous au chaud ...
On se pelote , on se dorlote,
La grimpette et au diable la tremblote !

27 Octobre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

Les terres noyées

Dès qu'ils virent un humain seul
Ils pensèrent au linceul
Angoissèrent à cette idée ...
Ne pas atteindre l'arrivée.
Sachant leurs petits tracas réels
Qu'ici bas rien n'est éternel
Ayant perdu très souvent la foi
Ils vont à ce je ne sais quoi.
Ils poursuivent comblant l'espace,
Revêtus de clinquantes cuirasses,
Peu ménagés, peu consolés,
Ils continuèrent un semblant affolés.
Alors ne sachant plus faute d'appuis
À qui s'en remettre les jours de pluie
Ils déprimèrent à la dérive
Chutant sur de nombreuses rives.
Déprimés, angoissés, survolant les lacs
Ils connurent la hantise du trac,
Ses soufflets, les injustices du sort,
Le désiré et prétendu confort.
Ils savaient déjà bien avant la mort
Que la naissance si prometteuse de l'or
Etait la fin déjà de leur bonheur
Mais combatifs ils y firent honneur.
D'amourettes, de changements de décors,
Au fil des saisons, de nouveaux ports,
Sur ces terres noyées aux ruées vers l'or
La faim les tenaillait encore.
Continuant l'exode d'investiture
Dans les poubelles d'alléchantes aventures
Ils préférèrent souffrir à l'anéantissement
De ce ciel si loin de leurs tourments.

2 Août 1987 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

Vers l'horizon

Ils partirent de ces meurtrières eaux,
Le coeur lourd de tant de maux,
Pour un monde inconnu qu'ils convoitaient
Noyant ces laideurs pour d'autres beautés.
Certains ne purent jamais connaître,
Au-delà de ce qui les fit naître,
Les berges rêvées d'espoirs aventuriers.
Deux échasses portent encore le deuil de ces charniers.
Conquérantes pour une ligne d'horizon en délire
Elles découvrirent, intriguées, entre les cris et rires,
Ce havre de paix de marais, d'étangs privés, 
Ouverts aux photographes, ces amis réservés.
Elles passèrent des ponts, des portes de la découverte,
Sans trompette sonnant les stressantes alertes.
Elles nichèrent sur de nombreuses maternités
Dans ces marais aux eaux couleur d'éternité.
Elles apprirent que courage et volonté sont
Sur les peurs, les angoisses, ces gros glaçons,
La victoire sur les obstacles, les intempéries
Qui jalonnent l'existence d'un péril pourri.
Un coeur qui s'ouvre ou se ferme
Dans une main qui vous enferme,
Sans ligne d'horizon, la liberté sans fin ...
Certaines préfèreraient l'horizon de marais salins ...

20 Octobre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

Le Paravent

Une nuit de lune rousse
Quatre jolies frimousses
À l'abri d'un paravent
Sont là, se baignant ...
Les bambous en confidents
Assistent et chuchotent ...
Regardez-moi ces chochottes
Elles profitent de la nuit
Pour s'offrir un bain de minuit !
Ces grandes aigrettes nues
N'ont aucune retenue ! ...
Nous avons nos nudistes !
Commente une perchiste ...
Grace à notre paravent,
La lune nous aidant ...
Encore heureux sans gel moussant
Marmonne une poule en gloussant ...
Regardez celle-là, elle est cendrée ...
Je n'y vois que de près
Hulule un vieux hibou peu futé
Celui-là avec sa myopie ... un peu d'intimité ! ...
Pourquoi se cache-telle ?
Est-elle encore demoiselle ?
Mais non c'est par pudeur ...
Elle n'aime pas les voyeurs !
Assure l'aigrette avisée.
Elle préfère la lumière tamisée
Comme moi d'ailleurs ... avec mes cendres ...
Parait que Bécaud doit venir ? ...
C'est pas l'étang du Souvenir ! ...
DU CALME ! je veux plus rien entendre !
Mon paravent je vais replier ...
Je ne suis pas là que pour un bain de pieds ...
La lune docile éteignit ses projecteurs
Pour ne laisser qu'aux lecteurs
Le plaisir d'imaginer en catimini
La splendeur dorée de ce bain de minuit ...

15 Octobre 2016 - Jeannine Castel
Crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

Le grand charmeur

C'est un grand charmeur
Un joyeux siffleur
Un charmeur de coeurs
Un soliste pour choeur.

Sur les collines de Pagnol
Pas besoin de Rossignol
Encore moins d'aérosol
Pour flûter sa barcarolle.

Son gazouillis est doux
D'un automne du même roux
Un chouchou fier de son cou
C'est un flatteur au grand bagou.

Un espèce de passereau
Plus petit qu'un moineau
Tout rondelet, tout beau,
Aimant jardinier et son râteau.

C'est un grand charmeur solitaire
Durant l'hiver il préfère
Défendre son territoire salutaire
Chassant intrus et adversaires.

En été, il est silencieux ...
Pour vous de ce chant mélodieux
Il vient bercer vos cieux
C'est un grand charmeur radieux.

Un clin d'oeil à cet aguicheur
Il vous épie de sa hauteur
Un ensorceleur berceur
Un rouge gorge grand charmeur.

14 Octobre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

L'incertitude

L'incertitude d'un reflet ...
Seule l'attente apercevra
De la vérité ou du pamphlet
La particule qui suivra.
L'hésitation d'une certitude
Qu'un défaut inconstant
Sur d'impossibles études
Délivrera d'un soulagement.
Heisenberg en fut témoin
Comme cette grande aigrette,
Dans les eaux ridées d'un bain,
Qui scrute l'horizon, ce trouble fête.
Elle avait un vague rendez-vous
Sur de confus cris sonores
Incertaine que ce mâle avoue
L'envie de la revoir encore.
Indécise, irrésolue, elle sonde
Ce doute qui l'envoute,
L'entraîne dans ses ondes,
L'empêche de changer de route.
D'une tromperie de sa mémoire,
Incertaine, elle repartira
Non déterminée. Elle drainera
La certitude de son incertitude histoire.
Quand le doute la reprend
Elle revient dans ces courants
Aussi troubles que ces inconstants instants
Hallucinants aux variables mouvements.

                                        14 Octobre 2016 - Jeannine Castel
                        crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

La ligne cendrée

Une ligne cendrée d'un TGV
Au milieu des champs labourés
Parsemés de bosquets, de haies,
Décrit la voie et ses coups fourrés.
Les cendres ont tapissé les prés
Des braises de ventrues cheminées.
Ces grues cendrées sont parées
De toutes ces vies éteintes, acheminées.
Elles transportent les âmes voyageuses
Que le feu a épargnées. Ces éternelles
Grues animées de vies nuageuses
Alimentent la terre d'énergies nouvelles
Tandis que les vaches ruminent calmement
L'histoire humaine du monde aux prés verdoyants.
Ces grues cendrées, messagères du firmament
Sur la ligne cendrée vont fréquemment
Vers le lac Der Chantecoq impuissant
Aux noyades des âmes en grands tourments.
Quand vous verrez passer ces patrouilles,
Souvent annoncées par le croac des grenouilles,
Ayez un temps de silence, stoppez votre gargouille,
Ces grues cendrées portent de défuntes bouilles.
Entre une ligne cendrée d'un TGV
Et un vol de grues cendrées ... un chapelet d'AVE ...

En TGV le 10 Octobre 2016 - Jeannine Castel
Crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

Les pensées bleutées

L'enchaînement des têtes
Maillons rouillés d'une chaînette
L'oiseau libère de cette silhouette
Qui en trompe oeil fit recette.

Captif d'un clic au clac emboîté
L'oiseau, d'une image, le voilà prisonnier
Sur l'envolée d'un subtil doigté
Qui fige la découverte du pionnier.

Libération d'une pensée captive
Dans un cadre fermé, cloué,
Elle ne peut mourir en ces rives
Cherche une sortie, un sens inavoué.

De l'oeuf et de l'oiseau
La coque détient la détresse
Qu'un amour des mots
Ne peut sauver de la tristesse.

Pensées bleutées d'un enchaînement
Ce martin pêcheur n'est pas content
Il en devient tout phosphorescent
Ce Magritte, un paravent à l'enchantement !

Je suis bien un oiseau
Mes pensées comme un écho
A l'encre turquoise ont écrit
La clé des songes de Sabri.

Paris le 6 Octobre 2016 - Jeannine Castel
Crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

 

Poussière de brume

Morosité du retour ...
Cette grande aigrette
Vers de roses beaux jours
Poursuit sa quête.
Elle amène avec elle
Le souvenir bleuté des étangs
Pour un ciel gris infidèle
En attente d'un prochain printemps.
Solitaire, vers des liens anciens,
Son baton de vieillesse la guide
Vers l'arche d'un ballet aérien,
Si beau, inconnu du suicide.

Morosité du départ ...
Séparée des bruyants canards
Elle retrouve les grands boulevards
D'espaces invisibles aux regards.
Rose bleuté des contes de fées
Sur des rêves vécus imparfaits.
D'un plus-que-parfait pour un futur
Elle retrouve ses envolées diurnes
L'âme remplie de bois obscurs.
Sa mémoire, pleine pour l'aventure
D'une poussière de brume d'un été indien,
Parfume à l'eau de rose, ce retour au quotidien.

Juste une poussière de brume
Sur un départ en sanglots
Une poussière de brume
Sur ses yeux mi-clos.

en TGV le 10 Octobre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

Le Baiser

Echasses blanches

 

Le Baiser

Baiser d'amour
Toujours trop court
Qui court,
Qui court ...

Baiser volage
Fougueux mirages
Aiguillage, batifolage,
Voyages.

Baiser juvénile
Souvent malhabile
Face ou pile
Rempile, empile.

Baiser volé
Pour un ciel étoilé
Lacté
Voilé.

Baiser de Judas
Sonne le glas
Tracas
Trépas.

Baiser d'adieux
Faux amoureux
Sans queue leu leu
À la queue leu leu.

Baiser oublié
Congédié, radié,
Acidulé, sans pied,
Sans pied.

Baisers d'échasses
De leurs espaces
Avec audace
Nous embrassent.

1 Octobre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KIBLI Sabri photographies sur Facebook

La Grande Indécise

Grande aigrette

 

La Grande Indécise

La hantise
De cette jeune Marquise
‹ La Grande Indécise ›
Est de faire des bêtises.

D'une simple chose admise
Pour elle est entreprise.
Doit-elle se changer de chemise ?
Les minutes attendent une remise !

Comme un museau sans flair
Mimi patte en l'air
Vient patauger sur mes vers
Pour quémander poisson de mer.

Jobardise convoitise
Belle Marquise !
Il y a méprise
Sur les vers de ma remise.

Surprise,
La Grande Indécise
Perd sa maîtrise.
Quelle mouise !

Elle se ragaillardise,
Repère une balise,
Glisse vers ces eaux exquises ...
À cette minute précise ...

La hantise
D'une balourdise ...
Son élan s'économise.
Tiens, une église ?

De tant d'hésitations acquises,
D'allées et venues à sa guise,
Notre jeune Marquise Indécise
Se retrouve ... à Venise !

Comment ai-je pu sans vantardise
Arriver jusque là, moi, l'Indécise ?
Mieux vaut Venise qu'une banquise ...
Bon ... cherchons quelque gourmandise ...

30 Septembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photo : KIBLI Sabri photographies sur Facebook

La grande râleuse

Grande aigrette

 

La grande râleuse

Elle va à travers le marais
Toujours râlant
Toujours frondant
Un rien irritée
La Grande Aigrette.

Elle course, insatisfaite,
Parmi tant d'ennemis,
Le moindre alibi
A l'affût du dernier cri
La Grande Aigrette.

D'une blancheur laiteuse
La grande râleuse
Dans ses eaux vaseuses
Est une émeutière
Une chieuse de première.

Si vous la rencontrez
Surtout évitez d'entamer
Tout propos, tout discours.
Elle nous a vidé son alentour !

Et de vous suivre, elle pourrait ...
Aller à travers le marais
Toujours râlant
Toujours becquetant ...

Laissons lui, complaisants,
Ce petit emplacement ...

Et nous irons, calmement ...
Encore photographiant ...

29 Septembre 2016 - Jeannine Castel
crédit photos : KIBLI Sabri photographies sur facebook

Bursts

Cygne tuberculé

 

Une toilette aux éclats

Juvénile, indiscrète toilette
Sur le Marais ce matin en fête.
Cette jeune demoiselle coquette
Dans un bain de mousse se la pète.

Elle a comme les jeunes enfants
Cette candeur d'un beau cygne blanc
Qui en l'absence des parents
De tout coeur va tout éclaboussant.

Au vu de tout le monde,
Sans paravent, elle inonde
L'entourage qui a fui quelques secondes
Cette jeune émoustillée de l'onde.

Cette naïade fit grand tapage ...
Divertit les scènes de ménage,
Attisa les commérages
Qui aboutirent sur ma page.

Sur des eaux grisées par ce bain de jouvence
Dans un aura d'une sphère céleste
Cette Princesse ... cache les fanons d'un béguin de vacances ...
Chut ! Sur l'Etang de Diefanbach, c'est l'heure de la sieste ...

25 Septembre 2016 - Jeannine Castel

Crédit photos : KIBLI Sabri sur Facebook

La chamade

Cygne tuberculé

 

La chamade

Un cygne blanc
Dans son élan
D'un coeur fervent
Vint en écumant
Battre la chamade.

Cher cygne blanc
De nos vingt ans
Mon coeur palpitant
Va sur ton élan
Battre la chamade.

Il m'emporta
Si haut, si bas,
Je ne sais pas
S'il retomba
Battre la chamade.

Je ne sais plus
Je ne sais pas
Ce qui m'a plu
Dans ces ébats
Battre la chamade.

Ce que je sais
Ou ne sait pas
De mon passé
Venu là
Battre la chamade.

Hier peut-être
Ou bien demain
Je vais connaître
Ce qu'est enfin
Battre la chamade.

Mais la chamade
Sur son tambour
De tant de sérénades
A mis un frein pour
Battre ma chamade.

23 Septembre 2016 - Jeannine Castel

crédit photos : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

L'entrevue

Héron pourpré

 

L'entrevue

C'est un héron suspicieux
Entrevu, entre deux yeux,
Un héron pourpré moyenâgeux
Sans monocle, un peu bigleux.

C'est un héron pourpré futé
A l'abri dans les hautes futaies
Son long bec en manche à balai
A effrayé l'objectif tout troublé.

C'est un héron pourpré vieux garçon
Un peu grognon, un peu ronchon,
Coiffé de poils de hérissons
Curieux comme un archet sans violon.

Une entrevue me fut accordée
Il n'aime pas joué aux dés
C'est un héron un peu démodé
Qui n'aime pas être débordé.

Je l'ai laissé avec sa balayette
L'entrevue ne fut pas parfaite
J'ai du par le trou de la lorgnette
Faire son portrait en cachette.

C'est un héron suspicieux
Un peu grincheux
Marécageux.

20 Septembre 2016 - Jeannine Castel

crédit photo : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

Trajectoire

Milan noir

 

Trajectoire

 

Franchir des nuits
Des barrières de corail
Pour trouver l'ennui
Dans un sérail.

Surpasser ses rêves
Comme ce jour fuyant
La réalité achève
Cet éclair triomphant.

Passer d'un amour japonais
A un ciel milanais
Mon ciel toulonnais
Est en randonnée.

Pensées noires
Un jour sans histoire
La nuit d'un désespoir
Dans ce cirque notoire.

Le retour d'une histoire
D'un rêve illusoire
Aux reflets de moire
Venu sur mon écritoire.

D'une trajectoire
Retrouver son histoire ...

19 Septembre 2016 - Jeannine Castel

credit photo : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

L'intrigue

Mésange à queue longue

 

 

L'intrigue

 

Dans l’ombre de tes pas
Aucune nostalgie me tourmente
Tel un volcan du Kamtchatka
Cette lave noire ne me hante.
Neige éternelle d’un volcan éteint
Regrets éternels sans ma main.
Sinistres roucoulades d’un matin
Première amorce d’un déclin
Plus de larmes pour ce pantin.

J’ai tissé des liens avec mon corps,
J’ai échappé à ses envies de mort,
Plumée par leur mauvais sort.
Après les steppes parcourues, cher trésor,
Je me retrouve survolant avec Falkor
Des terres inconnues, des châteaux forts,
Franchissant les démences du Veau d’Or
Alors que le monde s’endort …
Le rêve ayant déserté leur corps.

Dans l’ombre de ses pas
Je m’étais égarée.
Dans l’ombre de mes pas
Me voici nouvellement parée.
L’intrigue connue de la mésange
Fut embellie au passage de l’ange.
L’arbre de ma forêt n’était que louange
D’une histoire cruelle, étrange,
De mes vendanges.

L’intrigue a dénoué ses ganses,
Les complots inavoués de la malchance.
L’arbre de la transcendance
A donné à l’intrigue l’abondance
À des plumes de même connivences
Pour qu’un lecteur curieux, en errance,
Intrigué, l’esprit en vacances,  
S’attarde sur un cliché de ressemblance
Sur des plumes d’alliance.

16 Septembre 2016 – Jeannine Castel

Domaine du Buttet – Le Bourget du lac

crédit photo : KLIBI Sabri photographies sur Facebook

L'aube

Tarier pâtre femelle

 

 

L'aube

 

à Sylvie Claudine Harmant

L’aube, ses premières lueurs,
Le rêve a fui.
Le petit matin, encore rêveur,
Me tire du lit.
C’est l’aube encore floue
Eclairée par l’abat-jour,
Entre chien et loup,
Où pointe le petit jour.
C’est l’aube où le Tarier Pâtre,
Sous quelques astres paresseux,
Attend le crépuscule rougeâtre
A l’horizon de son ciel amoureux.
C’est l’heure de ses aubades,
Doux gazouillis en ce matin frileux,
Le chant timide d’une première sérénade
D’une femelle juvénile venue d’un rêve bleu.
Bientôt la lumière envahira
Cette aube qui va disparaître.
L’aube encore dans le secret est là
Auréolant les plumes de ce petit être.
Insolite apparition dans la pénombre,
Dans un fond de nuit bleuâtre,
D’une aube que rien n’encombre
Avant que le soleil flamboie de tout son âtre.
Juste une aube, un petit matin,
Un Tarier Pâtre, un souffle divin.

15 Septembre 2016 – Jeannine Castel

Domaine du Buttet – Bourget du lac

Credit photo: KLIBI Sabri Photographies sur Facebook

L'ascension

Mésange à queue longue

 

 

L'ascension

 

Après le couloir des curiosités,
Les méandres de la morosité,
Sabrina, la mésange à longue queue
A choisi l’ascension vers Dieu.
Solitaire, en ce chemin étroit,
Elle grimpe, accompagnée de sa foi,
A l’écart de nombreux pèlerins moines
Illuminés de la tentation de St Antoine.
Elle entonne le cantique des mésanges
Tchin-tchin trillé qu’un rien dérange.
Elle a quitté les haies et les forêts
Pour ce bois moussu par la croix inspiré.
En cette grimpette à la verticale,
Plumage ébouriffé d’une survie hivernale,
Sabrina veut construire son nid
Sur cette Terre Promise du Paradis.
Elle aurait bien aimé un buisson ardent
Si ce n’était son aversion pour l’éloignement.
Protégée par les tables de la loi de France
Elle est absoute de pénitences.
Elle égraine de son bec court et trapu
Tout un chapelet d’insectes, jamais repue.
Le sol n’est pas son territoire favori.
Acrobate infatigable en suspension elle prie.
Son doux nom est Tupinet pour ses oiselets.
Cette ascension va l’auréoler
Pour regagner la compagnie vibrante
Voletant aux rameaux de branches accueillantes.
Les mangeoires sont ses bénitiers,
Les épineux son autel familier.
Sautillant avec les longues queues de pèlerins
Elle loue ce Dieu trois fois Saint.

14 Septembre 2016 – Jeannine Castel

Photographie de Sabri KLIBI – Domaine du Buttet – Le Bourget du lac Août 2016

Clair de brume

Héron cendré

 

Clair de brume

 

à David Gilmour

Une eau stagnante, étrange flotille,
Un héron recherche une anguille.
Il hésite, ébloui par les rais de lumière.
D’une patte il invite une invisible cavalière
Pour une danse sur cette piste aux écumes
Dans un duo au clair de brume.
Un saxophone flirte avec les roseaux
Donne volupté et langueur à l’eau.
Une trompette venue du grand mystère
Envoute cette vision diamantaire
Côté sombre de la lune chagrinée
Par ce héron hésitant vers sa douce aimée.
La nature complice va d’un voile de dentelle
Cacher ce ballet nuptial sous les ailes
D’infortunés amours
D’un clair de brume d’un jour
Dans les marécages argentés
D’un bel été.
Entendez-vous cet appel du marais
Aussi beau qu’étrange, amarré ?
Je danse avec ce bel héron cendré
Oubliant la vase et les moustiques
Je suis bien, c’est magique.
C’était pourtant un clair de brume
Léger, légère, comme une plume …

12 Septembre 2016 –  Jeannine Castel

Photographie de KLIBI Sabri – Domaine du Buttet - Le Bourget du lac  - Août 2016

Le couloir des curiosités

Héron cendré

 

Le couloir des curiosités

 

Partir à l’aventure
Avec ou sans armure
Découvrir, simple curiosité,
Des espaces inhabités
Comme ce héron cendré intrépide
Pataugeant dans ce marais hostile
Dans cet étroit goulot
Loin de tout écho.
Armé de cendres refroidies
Il avance en catimini
Au milieu des roseaux fragiles
Pas de chêne, ni d’automobiles …
Venu sans escorte apparente,
Après tant de rencontres décevantes,
Redouble son ardeur, pressée,
Dans ces eaux troubles embarrassées.
Une inquiétante solitude l’envahit …
Ce grand silence autour de lui …
Se tromperait-il de chemin ?
Avancer … il réfléchit, incertain.
Mais la vie poursuivie par la mort
Ne lui laisse pas choisir son sort.
Solitaire, il attend, continue,
Dans le bruissement des feuillus
Dans ce couloir de curiosités
Tant de fois emprunté.

10 Septembre 2016 – Jeannine Castel

Photographie de KLIBI Sabri – Le Bourget du lac (Savoie) Août 2016

Le chef d'orchestre

Héron cendré

 

Le chef d'orchestre

 

Le célèbre Chef d’Orchestre des Marais
A orchestré au Domaine du Buttet
La Symphonie espagnole d’Edouard Lalo.
Spectaculaire concert donné sur les eaux
Dont le rythme latin, sur les trilles du premier violon,
Donna aux poules d’eau de grands frissons.
Tel un héron cendré déployant ses ailes
De ses éventails il battit la ritournelle,
Un peu altier comme un danseur de flamenco,
Tout en plumetis de bas en haut.
Un simple foulard noué sur le plastron
Fixa la juste note au diapason.
L’oeil attentif sur chaque instrument
Jusqu’à sa queue de pie fut mouvement.
Ce majestueux maestro dirigeant sur les eaux
Est à lui seul un concerto.
Tous les musiciens de la nature
Pointèrent sur son bec la mesure.
Le Marais grisé par de retentissants bravos
Sur le final explosa en lumineux jets d’eaux.

 

Surtout ne ratez pas chaque année
Au lac du Bourget ce Festival des marais.

8 Septembre 2016 – Jeannine Castel

Pour fêter cette première un oiseau lyre prit la photo reproduitepar KLIBI Sabri

L'ibis

Ibis rouge

 

L'ibis

 

Cet Ibis grégaire au grand coeur
A noyé le sang de mes marées.
Il vient me rappeler la noirceur
De ces années en ce monde égaré.
Il habitait le lieu de mes mélodrames.
Aveuglée par mes larmes à grand tapage
Il était là, dans ces moments infâmes,
Drainant le fond de mes marécages.
Dieu de la Sagesse, de l’Art de l’écriture,
Il était là, de son bec fin et long …
Mais je n’ai pas su voir cette aventure
Qui m’attendait à ses flottaisons.
Le jour est arrivé, remontant le cours d’eau
Avec cet Ibis rosé au rouge en fusion,
D’assécher ces artifices, ces lits conjugaux.
Il me remémore à travers lui
Les partenaires affamés de libido.
D’une vie qui se voulait avec celui
Qui aimait comme l’Ibis vivre en colonies.
Vasières, lagunes littorales, mangroves,
D’un clin d’oeil il referme ces estuaires d’alcôves.
Il est encore là … et je m’émerveille encore.

 
5 Septembre 2016 – Jeannine Castel

Photographie de KLIBI Sabri

L'heure bleue

Tarier pâtre femelle

 

L'heure bleue

 

C’est l’heure bleue
Le tarier pâtre est amoureux
Il attend, langoureux,
Sa promise à l’heure bleue.

À l’heure bleue
Sous un ciel brumeux
Une jolie collerette bleue
Répond d’un cri joyeux.

Dans la nuit bleue
Chacun sur un pieu
Agitant ailes et queues
Se courtisent les amoureux.

C’est l’heure bleue
D’étincelles et de feux
Sous des duvets soyeux
À l’abri des curieux.

À l’heure bleue
Un nid et des oeufs …
D’heure bleue en heure bleue,
La vie d’un duo sans bleus.

C’est l’heure bleue
Sans un bruit …
Quittons ces lieux …

 

 

2 Septembre 2016 – Jeannine Castel

Photographie de KLIBI Sabri

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